La Philosophie de Kant : Connaissance et Métaphysique
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Mathématiques, Physique et Métaphysique chez Kant
Expliquer la différence entre les mathématiques, les sciences physiques et la prétendue « science » qu'est la métaphysique. Quels sont les deux objectifs de la philosophie kantienne ?
La critique de la raison dans son usage théorique soulève la question : que peut-on connaître ?
- D'une part, elle tente de comprendre et d'expliquer comment fonctionne la science et les connaissances scientifiques, telles que les mathématiques et la physique, en tant que sciences de la nature.
- D'autre part, elle est destinée à résoudre le problème de la métaphysique.
Par conséquent, si les mathématiques et les sciences physiques progressent et évoluent, la métaphysique, par sa nature même, ne le fait pas.
Connaissance et Pensée : Les Deux Dimensions
Connaissance et pensée : notons que ce sont les deux dimensions de toute connaissance chez Kant.
Kant établit une différence fondamentale qui est cruciale pour bien comprendre sa pensée. Il s'agit de la différence entre connaître et penser. Toute la réalité n'est pas susceptible d'être connue ; cela concerne uniquement la connaissance scientifique. Les « éléments » de la connaissance sont le sensible et le logique (rationnel), divisés en :
- L'esthétique transcendantale (sensibilité) ;
- La logique transcendantale (entendement).
Concepts Empiriques et Catégories Pures
Distinction entre concepts empiriques et concepts purs ou catégories.
La sensibilité nous confronte à une multiplicité de phénomènes. Mais la perception de ces phénomènes n'est pas, en soi, comprise. Si vous recevez le rôle propre de la sensibilité, comprendre ce qui constitue la connaissance est une fonction assurée par les concepts. Il existe deux types de concepts :
- Concepts empiriques : ils sont originaires de l'expérience (a posteriori).
- Concepts purs ou catégories : ce sont les concepts que possède l'entendement (a priori) et qui ne proviennent pas de l'expérience.
Les concepts purs, selon Kant, sont des conditions transcendantales nécessaires à notre compréhension des phénomènes.
L'Idéalisme Transcendantal : Phénomène et Noumène
Expliquez pourquoi la philosophie kantienne est idéaliste. Distinguer le phénomène du noumène. Pourquoi Kant dit-il que le noumène est un concept limite ?
Les catégories ne sont pas applicables en dehors de l'expérience, au-delà de ce qui est donné dans l'espace et le temps. L'objet (tel qu'il est affiché et connu) est appelé « phénomène ». Ce qui échappe à la sensibilité est appelé « noumène ». Le noumène est défini comme quelque chose qui ne peut être connu par l'expérience des sens, ou comme quelque chose qui pourrait être connu par une intuition intellectuelle (dont l'homme ne dispose pas). Comme le noumène est situé au-delà de l'expérience, il est considéré comme la limite de ce qui peut être connu.
Kant nomme sa doctrine l'« idéalisme transcendantal » car l'espace, le temps et les catégories sont les conditions de possibilité des phénomènes de l'expérience, plutôt que des caractéristiques réelles des choses en soi.
Les Jugements Analytiques et Synthétiques
Distinguer les jugements analytiques des jugements synthétiques, et les jugements a priori des jugements a posteriori. Comment Kant explique-t-il l'existence de jugements synthétiques a priori ?
Lors d'un jugement, on pense la relation entre un sujet et un prédicat. Selon les modalités de cette relation, le jugement sera :
- Jugements analytiques : quand le prédicat est inclus dans le sujet. Il suffit d'analyser le sujet pour comprendre qu'il possède nécessairement ce prédicat. Ces jugements ne nous donnent pas d'informations nouvelles ; ils n'approfondissent pas la connaissance. Un jugement analytique est toujours a priori, car sa vérité est connue indépendamment de l'expérience.
- Jugements synthétiques : lorsque le prédicat n'est pas contenu dans la notion du sujet. Ces jugements sont extensifs : ils élargissent notre connaissance. Un jugement synthétique est généralement a posteriori, car sa vérité est connue à partir des données de l'expérience.
Kant conclut que les jugements analytiques a priori sont universels et nécessaires mais n'augmentent pas le savoir, tandis que les jugements synthétiques a posteriori augmentent le savoir mais ne sont ni universels ni nécessaires. Par conséquent, la science repose sur une troisième forme : les jugements synthétiques a priori. Ils sont universels et nécessaires (car a priori) et extensifs (car synthétiques).
L'Espace et le Temps : Formes de la Sensibilité
Kant définit l'espace et le temps comme des formes de la sensibilité pure et des intuitions a priori. Ce sont deux conditions de la sensibilité absolument nécessaires pour permettre l'identification des objets. Kant les appelle « formes a priori de la sensibilité » :
- Des « formes » : cela signifie qu'elles ne sont pas des impressions des sens, mais les structures par lesquelles nous percevons toutes les impressions particulières.
- « A priori » : cela signifie qu'elles ne proviennent pas de l'expérience, mais qu'elles sont les conditions préalables pour que l'expérience soit possible.
- « Intuitions pures » : ce sont des intuitions car elles ne sont pas des concepts de l'entendement ; elles sont uniques (il n'y a qu'un seul espace et un seul temps). Elles sont « pures » car elles manquent de contenu empirique ; ce sont des « coordonnées vides » dans lesquelles les impressions sensorielles sont ordonnées.