Philosophie : Kant, Nietzsche, Marx, Rousseau et Ortega
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Kant : L'éthique
L'éthique avant Kant reposait sur des principes matériels visant le plus grand bien (le bonheur, le plaisir) et sur des règles de conduite pour l'atteindre. Ces systèmes présentent trois défauts majeurs :
- 1. Ils sont empiriques (a posteriori) : Une éthique ne peut s'appuyer sur l'expérience, car on ne peut en extraire des principes universels.
- 2. Ils sont hypothétiques : Ils dépendent du désir de réaliser un bien suprême (ex: « Si tu veux X, fais Y »).
- 3. Ils sont hétéronomes : La raison reçoit des instructions d'un organisme externe, ce qui nie la liberté.
La solution est une éthique formelle, dépourvue de substance, qui ne dicte pas de normes spécifiques.
La notion du devoir et de l'impératif catégorique
Une action est moralement bonne si elle est faite par devoir. On distingue trois types d'actions :
- 1. Contraires au devoir : L'individu connaît son obligation mais fait le contraire (immoral).
- 2. Conformes au devoir : L'individu agit par un motif sans rapport avec le devoir.
- 3. Effectuées par devoir : L'individu s'acquitte de son obligation morale par pur respect pour celle-ci.
L'impératif catégorique est le seul précepte universel et inconditionnel.
Nietzsche : Apollinien et Dionysiaque
Nietzsche définit une dualité dans le monde grec :
- Apollinien : Représente la lumière, la beauté et la forme.
- Dionysiaque : Représente l'obscurité et la frénésie.
La tragédie grecque exprime la tension entre ces forces. Pour Nietzsche, la souffrance fait partie de la vie et doit être acceptée. Il propose de concilier l'irrationalité de l'existence avec l'optimisme, concept illustré par l'amor fati.
La critique de Dieu et le nihilisme
Nietzsche conteste la vérité traditionnelle au profit des interprétations. Il diagnostique la culture européenne comme étant en état de décadence, symbolisée par la « mort de Dieu ». L'homme vit désormais dans le nihilisme, une absence de convictions réelles. Ce nihilisme est toutefois une ouverture permettant de chercher de nouvelles forces actives pour l'avenir.
Marx : Anthropologie et aliénation
Pour Marx, l'être humain est un être de travail qui transforme la nature. Le travail est l'essence de l'homme, un acte générique et universel. Cependant, dans la société de classes, l'homme est aliéné : le prolétariat n'est pas maître du produit de son travail, accaparé par la bourgeoisie. L'idéal marxiste est une société sans classes où l'homme retrouve son essence.
Rousseau : Société et contrat social
Rousseau fonde le pouvoir politique sur la volonté du peuple. Critique des Lumières, il soutient que les sciences et les arts ont favorisé l'inégalité. Dans son « état de nature », l'homme est le « bon sauvage ».
Il propose un contrat social où chaque individu se soumet à la volonté générale. En obéissant aux lois qu'il a lui-même contribué à créer, l'individu réalise le bien commun. Rousseau est ainsi considéré comme l'un des premiers théoriciens de la démocratie.
Ortega y Gasset : Ratiovitalisme
Philosophe espagnol, Ortega est célèbre pour sa phrase : « Je suis moi-même et ma situation. » Il propose le ratiovitalisme, une synthèse entre rationalisme et vitalisme.
Perspectivisme et raison historique
Selon Ortega, il n'existe pas de connaissance absolue, mais une multitude de perspectives. La réalité est une somme de points de vue. Il distingue les idées (objets de pensée) des croyances (attitudes de base). L'homme n'est pas seulement un être naturel, mais un être historique dont la compréhension nécessite la raison historique.