Philosophie politique : Aristote, Hobbes, Locke et Rousseau

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Aristote

Pour Aristote, l'homme est social par nature. C'est parce que l'homme est fait pour développer la culture de la raison.

La société, pour cet auteur, a pour principal objectif de fournir des mécanismes et des possibilités appropriées à l'homme pour cultiver le droit.

De cette façon, les cités devraient être régies par des lois nécessaires à cette fin et adaptées à leurs membres. Il est donc extrêmement important d'éduquer les citoyens pour qu'ils participent au gouvernement de la cité.

Comme Platon, Aristote établit une distinction entre les formes de gouvernement légitimes et illégitimes. Ainsi :

  • La monarchie (règle par un seul dans l'intérêt de la communauté) se transformerait en tyrannie (règle par un seul dans son propre intérêt).
  • L'aristocratie (règle par les meilleurs pour la polis) finirait par devenir l'oligarchie (règle par quelques-uns en faveur du groupe dominant).
  • La démocratie (règle de la majorité en faveur de la communauté) finirait par devenir la démagogie (règle de la majorité en réponse à ses appétits).

Thomas Hobbes

Pour Hobbes, l'homme est un loup pour l'homme, parce que dans son état de nature, il est égoïste, mène une vie précaire et a les mêmes chances que tout autre individu de périr dans une confrontation.

En raison de cette lutte continue pour l'égalité et les ressources, l'être humain vit dans un état de guerre perpétuelle les uns contre les autres.

L'être humain, doué de raison, considère comme une nécessité naturelle d'établir un contrat par lequel tous les signataires conviennent de se soumettre à un monarque.

De cette union entre les individus et la soumission à une force majeure, la société civile émerge, composée des membres et des institutions d'un État. Hobbes représente l'État comme un grand Léviathan.

Ainsi, les membres reçoivent la protection de la loi et le pouvoir souverain de faire respecter celle-ci et de punir les crimes.

Toutefois, le monarque a le devoir de respecter les lois et possède un pouvoir absolu. Il doit se soucier de l'accomplissement de son mandat pour assurer une vie tranquille aux citoyens. Sinon, ils sont libres de quitter la société civile et d'en chercher d'autres pour se protéger.

John Locke

Pour Locke, l'homme dans l'état de nature est libre et maître absolu de sa vie et de ses biens. Il y a aussi une loi naturelle qui oblige chaque être humain au respect de la vie, de la santé et des biens d'autrui.

Toutefois, l'existence de certains individus qui enfreignent cette loi exige la création d'un contrat entre les individus pour assurer la conformité avec cette légitimité.

Le contrat définit, d'une part, les conditions pour régir l'union entre les individus : la société civile.

Deuxièmement, il établit les caractéristiques et les obligations. Contre Hobbes, John Locke affirme que le pouvoir d'État n'est pas absolu : les dirigeants sont tenus de respecter les lois. Pour cela, le philosophe britannique préconise la séparation des pouvoirs entre le législatif et l'exécutif.

  • Le législatif a la fonction de dicter la loi. Sa force et sa légitimité viennent des individus qui composent la société civile, élisant librement leurs législateurs.
  • L'exécutif doit respecter et garantir la bonne exécution des lois que le législateur a édictées.

Rousseau

Contre Hobbes, Rousseau croit que l'être humain dans l'état de nature est paisible, vivant en harmonie avec les autres individus.

Les êtres humains sont bons par nature et c'est la société qui les corrompt. Les affrontements entre les individus prennent place lorsqu'ils vivent en groupes, ce qui provoque l'enrichissement des uns et l'appauvrissement des autres, menant à l'injustice et à la jalousie.

Pour remédier à cette injustice, Rousseau propose l'établissement d'un accord appelé le contrat social.

L'origine de ce contrat réside dans une volonté générale qui aime et défend les intérêts de la communauté au-dessus de tout intérêt particulier.

Ainsi, les lois adoptées par l'assemblée rejoignent l'ensemble des lois naturelles : elles semblent être équitables, universelles et inaliénables.

Pour le penseur français, la démocratie incarne le système de gouvernement le mieux placé pour atteindre les objectifs du contrat social.

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