Philosophie politique et empirisme : Hobbes, Locke et Hume
Classé dans Philosophie et éthique
Écrit le en
français avec une taille de 3,39 KB
Hobbes : L'absolutisme politique
Sa pensée politique est reflétée dans son ouvrage Le Léviathan. Il défend l'absolutisme de l'État et montre une préférence pour la monarchie, tout en maintenant l'égalité naturelle de tous les hommes. L'absolutisme est justifié non pas par les différences entre les hommes, mais par la nature égoïste et agressive des êtres humains.
État de nature
L'homme est dominé par la volonté de puissance (Homo homini lupus). C'est une situation de méfiance et de conflit, une guerre de tous contre tous, rendant impossible la civilisation et le progrès. Il règne une peur constante du danger et de la mort.
Le pacte social
La peur de la mort conduit à la nécessité de rechercher la paix et la sécurité. L'établissement d'un pacte social par un contrat où chaque homme abandonne ses droits en faveur du souverain crée le grand Léviathan. L'État est absolutiste : le souverain est hors du pacte, le pouvoir est indivisible et la souveraineté est inaliénable.
Locke : Le libéralisme politique
Fondateur du libéralisme politique, sa pensée est développée dans les Deux Traités sur le gouvernement civil. Il rejette l'absolutisme.
État de nature
Les hommes sont libres, vivent dans la paix et l'harmonie, guidés par une loi morale naturelle. Ils possèdent des droits fondamentaux : la vie, la liberté et la propriété privée.
Le pacte social et l'État libéral
La société civile émerge d'un pacte fondé sur le libre consentement. Les hommes renoncent partiellement à leurs droits pour mieux protéger leur propriété. L'État libéral limite les pouvoirs par une séparation stricte : législatif (pouvoir suprême), exécutif (mise en œuvre des lois) et fédéral (sécurité et intérêts étrangers).
Contenu de l'esprit chez Locke et Hume
Locke : Définition et types d'idées
Pour Locke, une « idée » est tout ce que nous percevons.
- Idées simples : L'esprit est passif. Elles proviennent de l'expérience externe (sensations : qualités primaires comme la forme, ou secondaires comme la couleur) ou de l'expérience interne (réflexion sur nos propres actions).
- Idées complexes : L'esprit est actif. Elles sont formées par combinaison (modes, relations, idées générales).
Hume : Impressions et idées
Hume distingue :
- Impressions : Perceptions actuelles et intenses capturées par les sens.
- Idées : Copies affaiblies des impressions.
Les idées simples s'associent selon les lois de ressemblance, de contiguïté et de causalité.
La critique de la substance
Locke et Berkeley
Locke critique la notion de substance, la considérant comme un support inconnaissable d'idées simples. George Berkeley va plus loin en contestant le matérialisme : l'essence des choses est d'être perçues (esse est percipi). Seul l'esprit existe.
Hume
Hume pulvérise les éléments de la métaphysique (le Moi, le Monde, Dieu). Pour lui, la « substance » n'est qu'une collection d'idées simples unifiées par l'imagination, sans valeur métaphysique réelle.