Le processus de confiscation et la réforme agraire
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Les terres de la noblesse étaient liées par des successions, empêchant leur vente ou leur partage, souvent réservées au premier-né. L'Église possédait de vastes étendues de terres, cultivées ou louées selon les besoins. Les communes possédaient également des terrains, divisés en deux catégories :
- Terres communales : terres d'usage courant pour les habitants.
- Terres municipales : louées par les municipalités pour couvrir les besoins de la société.
Les terres de l'Église et des municipalités étaient considérées comme des biens de mainmorte.
Les réformes libérales
Les gouvernements libéraux ont entrepris de transformer les structures de propriété :
- Désengagement : Abolition de la féodalité et du droit d'aînesse.
- Confiscation (Désamortissement) : Saisie par l'État des biens de l'Église et des municipalités, suivie de leur mise aux enchères.
Le processus historique
Ce processus s'étend sur une longue période, des premières ventes sous les Jésuites jusqu'en 1924. Les étapes clés incluent le règne de Charles IV, les Cortes de Cadix et la régence de Maria Cristina. Le désamortissement de Mendizabal demeure le plus marquant par son volume et son caractère irréversible.
Le désamortissement de Mendizabal
En 1836, Mendizabal, président du Conseil des ministres, lance des réformes majeures :
- Suppression des institutions religieuses et vente de leurs actifs.
- Extension aux ordres religieux féminins sous le gouvernement de José María Calatrava (1837).
- Objectifs : Financer la guerre carliste, réduire la dette publique, modifier la structure de propriété et rallier les libéraux.
La loi Madoz (1855)
Lors de la phase progressiste, Pascual Madoz impose la loi générale de confiscation, incluant les propriétés communales.
Bilan et conséquences
Les effets furent mitigés :
- Échec financier : La dette publique n'a pas disparu.
- Impact social : Détérioration des conditions de vie de la petite paysannerie et absence de création d'une vaste classe moyenne agricole.
- Impact politique : Consolidation du régime libéral.
- Agriculture : Expansion de la surface cultivée, mais stagnation séculaire et crise à la fin du XIXe siècle (faible compétitivité, phylloxéra).
Le désamortissement ne fut pas une réforme agraire visant à redistribuer les terres, mais une stratégie fiscale pour financer l'État et les grands travaux.