Psychologie de la motivation et de la sexualité humaine
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1. Concept de motivation
La motivation est souvent définie comme un état intérieur d'activation, provenant d'un stimulus qui active et dirige le comportement vers un but. Selon cette définition, nous sommes toujours motivés lorsque nous nous sentons poussés intérieurement à réaliser une activité visant à atteindre un objectif spécifique.
On peut classer les motivations en deux catégories : physiologiques et sociales. Les premières sont le plus souvent innées, alors que les besoins sociaux se développent en fonction de l'environnement ; ils sont donc acquis.
Certaines motivations sont communes à tous les individus, quelles que soient les cultures, comme la faim, la soif et le sommeil. D'autres sont typiques de certaines cultures ou purement personnelles.
Les psychologues ont développé de nombreuses théories pour expliquer la motivation humaine en s'appuyant sur des facteurs biologiques, psychologiques et sociaux.
2. Théories de la motivation
2.1. La théorie de l'homéostasie
L'une des hypothèses centrales est l'homéostasie, qui représente l'équilibre optimal de l'organisme. Selon cette théorie, le comportement humain naît d'une perturbation de cet équilibre et persiste jusqu'à ce qu'il soit rétabli.
Selon Hull, le processus de motivation est une dynamique de réduction de la nécessité.
Freud postule que la force motrice provient de la tension et de l'organisation du comportement autour de la réduction du stress. Il considère que la motivation principale est inconsciente, alimentée par des impulsions agressives et sexuelles, notamment deux moteurs : Eros (sexe, survie, nourriture) et Thanatos (désir de mort).
Lewin, quant à lui, aborde le problème sous un angle cognitif, en tenant compte de la personne et de son environnement, ainsi que du niveau d'aspiration lié à la difficulté de la tâche.
2.2. Autres théories de la motivation
Les théories homéostatiques ont décliné avec la découverte de motivations primaires non réparatrices (ex: l'exploration chez les singes selon Harlow).
L'apprentissage instrumental de Skinner et la théorie du renforcement de Thorndike suggèrent que les conséquences d'un comportement déterminent sa fréquence.
Atkinson et McClelland ont étudié la motivation sous un angle différent : « La tendance à la réussite est une fonction multiplicative entre la motivation de réussite, la probabilité de succès et l'incitation à réussir. »
2.3. La théorie cognitive
L'hypothèse la plus importante est celle de Festinger sur la dissonance cognitive, qui se réfère à l'écart entre le perçu et l'attendu. Cette dissonance crée un état de tension motivationnelle.
Weiner a tenté d'identifier les causes du comportement selon trois dimensions :
- Le lieu des causes : internes ou externes à l'objet, influençant l'estime de soi.
- La stabilité : liée aux attentes de réussite ou d'échec.
- Le contrôle : lié aux sentiments personnels de responsabilité.
2.4. Hypothèses humanistes
Allport estime que les motivations adultes maintiennent une autonomie fonctionnelle. Maslow, quant à lui, organise les motivations dans une hiérarchie où, une fois un besoin satisfait, un autre prend le relais pour contrôler le comportement.
3. Types de motivation et développement
On distingue deux groupes principaux :
- Motivations physiologiques (primaires) : issues des besoins du corps (faim, soif, sommeil, respiration, etc.).
- Motivations sociales (secondaires) : acquises par la socialisation (prestige, relations sociales, communication).
La complexité des motivations évolue via trois mécanismes :
- Association simple : un objet acquiert de nouvelles valeurs.
- Transmission des valeurs : un moyen devient une fin en soi (ex: l'argent).
- Transmutation (sublimation) : une pulsion est transformée en une autre (ex: désir sexuel sublimé en besoin alimentaire).
4. Sexualité, motivation et comportement
« Notre sexualité fait partie de notre identité de base, exprimée dans notre mode de vie, nos rôles et notre comportement érotique » (Roberts, 1977).
5. Fonctions de la sexualité
- Reproduction : objectif biologique.
- Plaisir : recherche de satisfaction et de communication.
- Expression des sentiments : canal pour l'amour et l'affection.
- Amélioration de l'estime de soi : renforcement de l'image personnelle.
6. Stimuli du comportement sexuel
Selon Grossman, la motivation sexuelle n'est pas homéostatique. On distingue :
- Stimuli externes : partenaires, environnement, phéromones, accoutumance.
- Stimuli internes : structures cérébrales (hypothalamus) et fonctions hormonales.
7. La réponse sexuelle humaine
La réponse sexuelle suit un continuum composé de deux réactions de base : la vasocongestion et la myotonie. Les quatre phases sont :
- Excitation : érection ou lubrification.
- Plateau : stabilisation de l'excitation.
- Orgasme : relâchement de la tension et plaisir.
- Résolution : retour à l'état de repos.
8. Dysfonctions sexuelles
Les dysfonctions peuvent être d'origine physique ou psychologique (mythes, routine, communication). Elles incluent :
- Femmes : excitation inhibée, vaginisme, anorgasmie, dyspareunie.
- Hommes : excitation inhibée, éjaculation précoce, orgasme inhibé.
9. Formes d'expression sexuelle
- Masturbation : expression naturelle et durable de la sexualité.
- Homosexualité : attraction entre personnes du même sexe, reconnue comme une variante normale.
- Hétérosexualité : attraction entre sexes opposés, la plus fréquente.
- Paraphilies : comportements inhabituels (exhibitionnisme, voyeurisme, fétichisme, sadisme/masochisme, pédophilie).
Le comportement sexuel doit être guidé par trois principes : la liberté, le respect et la responsabilité.