Relations Iran-Irak et la guerre de 1980-1988
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Tensions et ruptures (1969-1979)
Très hostile au Baas, le shah dénonce, le 19 avril 1969, l’accord frontalier de 1937. À la fin du mois de novembre 1971, profitant du désengagement britannique dans le Golfe, il fait occuper les îles Abou Moussa et Tomb, relevant des Émirats arabes.
Bagdad rompt ses relations avec Téhéran.
- 1975 : Instauration du système du parti unique en Iran ; signature à Alger d’un traité de paix avec l’Irak à propos de différends frontaliers dans le Chatt al-Arab. Pascal Buresi, professeur agrégé – chargé de recherche au CNRS.
- 16 juillet 1979 : Saddam Hussein remplace Hassan al-Bakr à la présidence de la République et devient l’homme fort du pays.
- 1979 : Muhammad Reza Pahlavi est contraint à l’exil (janvier). La révolution islamique porte au pouvoir l’ayatollah Khomeyni ; instauration de la République islamique. Les banques et les principales sociétés industrielles sont nationalisées. Occupation de l’ambassade des États-Unis.
II. Un terrible affrontement (1980-1988)
- En septembre 1980, le président Saddam Hussein estime que l’Irak a une mission urgente à remplir : affirmer la puissance arabe, voire la prépondérance arabe, dans le Golfe. Il pense que l’appareil militaire iranien a été gravement désorganisé et ses cadres démoralisés par les épurations républicaines. Il ne fait pas suffisamment entrer en ligne de compte l’enthousiasme révolutionnaire, l’attachement passionné des chiites à l’islam, le sentiment patriotique iranien, la dévotion absolue et l’esprit de sacrifice inspirés par le charisme de l’ayatollah Khomeyni.
- Le 28 septembre, une première résolution des Nations unies demande l’arrêt des combats. (…) À la fin de novembre 1980, les Irakiens ont atteint l’essentiel des objectifs militaires fixés par le pouvoir politique, lequel est en partie influencé par les Arabes du Golfe.
- Ces succès militaires s’accompagnent cependant d’un échec politique : le régime de Téhéran non seulement tient bon, mais se prépare déjà à la contre-offensive. De décembre 1980 à décembre 1981, les positions sur le terrain sont pratiquement inchangées, tandis que les diverses médiations (pays islamiques et non alignés) échouent du fait même que les Iraniens refusent les propositions de négociation irakiennes tant que leur territoire sera occupé.
- Le 10 juin, Bagdad décide d’observer unilatéralement un cessez-le-feu, ignoré de Téhéran, dans tous les secteurs. Entre le 20 et le 30 juin, les troupes irakiennes se retirent presque complètement du territoire iranien, sur ordre du président Saddam Hussein. Alors que, le 12 juillet, le Conseil de sécurité vote à l’unanimité une résolution demandant aux deux belligérants d’observer un cessez-le-feu – résolution acceptée par Bagdad –, les forces iraniennes accentuent leurs pressions, pénétrant même, en certains points du front, en Irak.
- Commence alors une autre phase du conflit, la guerre d’usure, au cours de laquelle l’Iran va multiplier ses offensives du Nord au Sud, sans marquer d’avantages décisifs sur le terrain.
- À la fin de 1981, l’armée iranienne réussit sa première contre-offensive : la poche d’Abadan est évacuée (28 sept.), Bostan est libérée (8 déc.). Ce sursaut iranien annonce les grandes contre-offensives du printemps, à partir de la mi-mars 1982.
- À partir de juillet 1982, c’est l’Iran, et non plus l’Irak, qui fait désormais figure d’agresseur.
- En octobre 1982, le président Saddam Hussein dit renoncer, contre un cessez-le-feu, à ses revendications sur le Chatt al-Arab.
L’ayatollah Khomeyni réplique en posant comme condition préalable que l’agresseur (selon lui, l’Irak) soit désigné et condamné par la communauté internationale et verse des dommages de guerre.