Les Révolutions Russes et la Fin de la Grande Guerre
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Les Révolutions russes
La faiblesse militaire et le retard industriel sont les deux principales raisons des échecs russes pendant cette Première Guerre mondiale.
La Russie compte essentiellement, durant cette guerre, sur son énorme potentiel humain. Progressivement, devant les difficultés de la guerre, l’Empire se révèle en plus incapable, dans le courant de l’année 1916, d’équiper correctement les soldats envoyés au front. Certains n’ont ni uniforme, ni armes, et les mitrailleuses n'ont guère de munitions.
La première révolution russe de février entraîne la chute du régime tsariste et débouche sur la mise en place d’un gouvernement dominé par les Mencheviks. Toutefois, les différents gouvernements bourgeois qui se succèdent de février à octobre 1917 se montrent incapables d’apporter au peuple ce qu’il souhaite : du pain et la fin de la guerre.
Profitant de ce mécontentement populaire, les bolcheviks prennent le pouvoir en octobre 1917 et entament immédiatement avec l’Allemagne des négociations de capitulation.
La fin du conflit mondial
Les Allemands concentrent leurs forces sur le front de l’Ouest où la guerre de mouvement a repris depuis l’arrivée des renforts américains. La fin de la guerre à l’Est va ainsi retarder l’évolution du conflit à l’Ouest où l’arrivée des États-Unis aurait pu être rapidement déterminante.
La décision viendra finalement de l’intérieur ; le moral des troupes allemandes et autrichiennes baisse de semaine en semaine et ce n’est pas sans répercussion sur le moral des civils restés à l’arrière du front.
Des révolutions socialistes et populaires, à l’image de la révolution russe d’octobre 1917, emportent le trône impérial. Guillaume II est obligé d’abdiquer le 9 novembre 1918 (il se réfugiera aux Pays-Bas) et l’armistice est signé avec l’Allemagne le 11 novembre 1918 après quatre années de guerre ininterrompue.
Les traités de paix qui allaient suivre redessineront complètement la carte politique de l’Europe. Humiliant l’Allemagne, dans un traité de paix que d’aucuns considèrent comme injuste, les vainqueurs croient pouvoir installer, en Europe, une paix permanente.
Conséquences socio-politiques
De nombreuses personnes ont combattu ensemble pendant 4 ans et ont partagé l’horreur des tranchées. Cette expérience va changer les relations entre les classes sociales et va égaliser la politique de tous les citoyens. La plupart des pays européens adoptent le suffrage universel masculin. Les femmes restent exclues de la participation à la vie politique, à l’exception notamment de la jeune république laïque turque qui leur octroie le droit de vote en 1934.
Les femmes sont entrées de plain-pied dans une longue révolution qui modifiera peu à peu la vie de famille, la mode et les mœurs sexuelles.
Le taux de natalité d’après-guerre est équivalent ou presque au taux d’avant-guerre.
Conséquences idéologiques
La société européenne a vécu une période d’euphorie brutalement anéantie par la guerre. Cette période se caractérisait par les progrès de la science. L'âge scientifique, qui caractérisait très bien la société occidentale en pleine révolution industrielle et scientifique, serait celui d’un progrès inéluctable et irréversible de l’humanité grâce au développement de la science.
Le plaidoyer de Paul Valéry est caractéristique d’un courant de pensée qui émerge à la fin du conflit et qui remet en cause ces croyances prophétiques. Ensuite, Valéry constate que le progrès de la science peut insidieusement conduire à une déshumanisation de la société. Le problème est posé dans la Politique de l’Esprit, qui crée la confusion du monde moderne incapable de se donner une politique, une morale, un idéal, des lois en harmonie avec les connaissances nouvelles et avec les modes de vie qu’il a créés.
Conséquences économiques
La guerre a provoqué la destruction d'infrastructures et d'espaces ruraux, mais ceci a parfois aidé à la modernisation de ces anciennes infrastructures.
Toutefois, pour financer la guerre, les États ont provoqué de graves perturbations économiques en recourant à des solutions d’urgence :
- Augmentation des impôts ;
- Emprunts à d'autres puissances ;
- Planche à billets.
Ils usèrent abondamment de ces stratagèmes créant ainsi un déficit budgétaire public, ouvrant la voie à l’inflation et au désordre monétaire international. Les conséquences économiques sont donc diverses et d’une gravité sans précédent. Elles vont modeler de nouveaux rapports de forces dans le monde, scellant le destin de l’Europe à celui des États-Unis.