La Romanisation : Citoyenneté et Droit Romain
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Les concessions sélectives du droit romain
Lors de l'intégration des territoires, Rome a permis aux peuples intégrés de continuer à être régis par leur propre loi, le droit romain étant alors considéré comme le privilège exclusif du peuple romain. Par conséquent, l'octroi de la citoyenneté latine était sporadique et individuel, s'étendant progressivement à certains groupes.
Les formes communes d'octroi de la citoyenneté
- Uirtutis causa : en récompense d'un service militaire courageux rendu à Rome.
- Honorum causa : par l'exercice d'une magistrature, octroyé par un magistrat ou l'empereur.
Par ailleurs, des concessions individuelles étaient accordées pour diverses raisons.
L'extension du droit latin par Vespasien
En 74 apr. J.-C., Vespasien a accordé le Ius Latii à toutes les villes de la péninsule en gratitude pour la loyauté de leurs peuples durant des périodes politiquement difficiles. L'interprétation de cette mesure par la doctrine n'est pas uniforme : s'agit-il d'une concession à la population ou d'une subvention générale ? Ce second cas impliquerait l'organisation de la vie et des institutions des villes selon le modèle romain, transformant ces cités en municipalités et leurs résidents en citoyens latins, pouvant accéder à la citoyenneté romaine par l'exercice d'une magistrature (honorum).
L'impact de cette mesure fut majeur, imposant des principes d'organisation communs, que ce soit par l'adoption d'un modèle général ou par l'existence d'une commission mixte, située notamment à Cordoue.
L'octroi de la citoyenneté par Caracalla
Le point culminant du processus de romanisation survient avec la Constitutio Antoniniana en 212 apr. J.-C., accordant la citoyenneté à l'ensemble de l'Empire romain, à l'exception des dediticii. Cette concession ne visait pas tant l'intégration volontaire que l'acceptation de la diversité des personnes au sein du droit romain, modifiant la notion de contribution aux dépenses publiques.
Cette mesure fut moins efficace qu'il n'y paraît pour plusieurs raisons :
- Le nombre important de citoyens concernés.
- L'impact négligeable dans les zones peu romanisées de l'Empire.
À mesure que les barbares obtenaient la citoyenneté, un sentiment similaire aux premières concessions est apparu. Après l'édit de Caracalla, les barbares sont appelés pérégrins, et les concessions de citoyenneté peuvent être vérifiées par le diploma militare.
Le droit romain vulgaire
Le droit romain vulgaire désigne le processus de transformation subi par le droit romain postclassique, de l'an 230 environ jusqu'à la fin de l'Empire. Ce processus lent, d'abord lié à un usage populaire dans l'Empire d'Occident, s'est ensuite reflété dans la législation. Plusieurs facteurs expliquent cette évolution : l'absence de grands juristes, l'introduction de droits autochtones pré-romains et la pression du christianisme sur le droit romain. Le résultat de ces éléments est la naissance du droit romain vulgaire.