Le Romantisme, Baudelaire et la Versification
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Le Romantisme
Le romantisme, apparu en Allemagne à la fin du XVIIIe siècle et en France au début du XIXe siècle, est un mouvement littéraire et culturel européen qui a concerné tous les arts. Il s’oppose à la tradition classique et au rationalisme des Lumières, et vise à une libération de l’imagination et de la langue. Le romantisme privilégie notamment l’expression du moi et les thèmes de la nature et de l’amour.
- Les thèmes principaux sont la mélancolie, la nostalgie, les passions, le moi en souffrance, les sentiments personnels.
- Thèmes de prédilection, le passé médiéval fascine les romantiques et imprègne certaines de ses œuvres.
- Inspirés par le rêve et le surnaturel, ils publient des récits fantastiques parfois très noirs.
L'originalité de Baudelaire
L'originalité de Baudelaire réside dans le fait qu'il n'utilise aucun artifice. Contrairement aux poètes de son époque, il ne cherche pas à enjoliver la réalité. Il utilise des images frappantes, voire choquantes, comme dans Une charogne où il compare la femme à un cadavre, contrairement à Ronsard qui la compare à une rose.
- Il utilise un discours prosaïque dans ses poèmes : pied, catin, etc.
- Il choque beaucoup à cause du caractère trop sensuel de ses poèmes : La Muse vénale, où la muse est une prostituée, il se compare à elle.
- Il crée une nouvelle expression : Le Spleen. On parle aujourd'hui souvent de Spleen baudelairien. À l'époque où il n'existait pas de psychanalyste, il utilise un mot nouveau pour parler de son angoisse, de sa dépression.
- Il représente la modernité en utilisant la ville dans ses poèmes, alors que tous les poètes représentaient la nature.
- C'est un précurseur de la modernité.
- Utilisation originale de thèmes anciens : l'amour, le temps qui passe, etc.
Procédés de versification
- Le e muet : Le –e- ne se prononce que s’il est suivi d’une consonne. Il ne se prononce donc pas devant une voyelle et en fin de vers.
- La diérèse : Elle permet de prononcer séparément deux sons habituellement groupés, pour respecter le mètre du poème. La diérèse est un procédé de mise en relief visant à attirer l’attention du lecteur sur un mot important.
- La synérèse : Elle permet au contraire de prononcer en une seule syllabe deux sons habituellement prononcés de manière séparée. C’est le procédé inverse de la diérèse.
- Les coupes : Le vers comporte des pauses, appelées coupes. La coupe se situe après chaque syllabe accentuée. Le vers long comporte souvent plusieurs coupes : la plus importante, placée au milieu du vers, est appelée césure. Dans la poésie, la césure coupe l’alexandrin ou le décasyllabe en deux parties égales, appelées hémistiches.
- Les faits de discordance :
- L’enjambement : quand une phrase se poursuit sans pause au vers suivant et de façon importante. La fin du vers et de la phrase ne coïncide pas et la phrase déborde sur le vers suivant. « Souvent, pour s’amuser, les hommes d’équipage prennent des albatros, vastes oiseaux des mers ».
- Le rejet : quand une phrase ou une proposition s’achève, non à la rime, mais au début du vers suivant, il y a rejet. Le vers ne se poursuit que par un ou deux mots. « Il est pris. ─ Oh ! quel nom sur les lèvres muettes / Tressaille ? Quel regret implacable le mord ? » [Arthur Rimbaud] {Tressaille : devrait appartenir au vers précédent. Rejet mais est rejeté au vers suivant}.
- Le contre-rejet : quand une phrase ou une proposition grammaticale commence à la fin d’un vers pour se prolonger au vers suivant, on parle de contre-rejet. Souvent, le début de la proposition est mis en relief. « Souvenir, souvenir, que me veux-tu ? L’automne (contre-rejet). {« Automne » devrait appartenir au vers suivant. Faisait voler la grive à travers l’air atone ». [Paul Verlaine], il est rejeté au vers précédent}.
Le rejet et le contre-rejet sont des procédés de mise en relief visant à attirer l’attention du lecteur sur un mot.