Le Scandale de Panama et la Crise Boulangiste
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Le scandale de Panama : une affaire historique
Le « scandale de Panama », affaire de corruption impliquant industriels, journalistes et hommes politiques français, éclate en 1892. Ce scandale financier majeur du XIXe siècle se solde en 1893 par les condamnations de Ferdinand de Lesseps et la démission d'Émile Loubet, alors ministre de l'Intérieur.
Devenu président de la République (1899-1906), Loubet voit son nom durablement associé à cette affaire, comme l'illustre la caricature « À Loubet 1er » réalisée par Orens Denizard en 1906. Par ailleurs, la plaquette sculptée sur cuivre « Henri Barboux, avocat, élu à l'Académie française » (Paulin, 1907) rappelle indirectement cet épisode, Barboux ayant été l'avocat de Lesseps.
Analyse des images
La caricature « À Loubet 1er » présente un Loubet enlaidi, vêtu du costume présidentiel et adoptant une posture napoléonienne. Il est entouré de figures marquantes de sa carrière :
- Dreyfus (gracié par Loubet) ;
- Un moujik (symbole de l'alliance franco-russe) ;
- Un militaire anglais (référence à l'alliance avec le Royaume-Uni) ;
- Un homme d'affaires (allusion au scandale de Panama).
Loubet brandit une canne surmontée d'un bonnet phrygien, et des inscriptions déshonorantes, dont « Panama », soulignent ces critiques.
Interprétation : retour sur le scandale
Président de la Compagnie universelle du canal interocéanique de Panama, Lesseps organise en 1879-1880 deux levées de fonds. Face aux retards et surcoûts, les titres s'effondrent. Une nouvelle souscription est lancée, mais l'argent est détourné pour corrompre journalistes et parlementaires afin de favoriser l'émission d'un dernier emprunt en 1888. Malgré cela, la Compagnie dépose le bilan en 1889, ruinant près de cent mille souscripteurs. Révélée par Drumont en 1892, l'affaire a durablement transformé le rapport des citoyens à la presse et au monde politique.
La crise boulangiste (1887-1889)
La crise boulangiste a bouleversé la vie politique française pendant trois ans. Le général Georges Boulanger a cristallisé les espoirs d'une opinion publique déçue par le régime républicain et inquiète face à l'Allemagne.
Ministre de la Guerre en 1886, Boulanger séduit par ses réformes et son charisme. Surnommé le « brave général » ou le « général Revanche », il devient, après son départ du gouvernement en 1887, l'incarnation des nostalgies nationalistes. Élu député du Nord en 1888, il mène une campagne vigoureuse contre le gouvernement, réclamant la révision de la Constitution et la dissolution de l'Assemblée. Son duel contre le Président du Conseil, Charles Floquet, en juillet 1888, marque un tournant dans cette période de tensions politiques.