Le Siècle des Lumières : Contexte et Foyers Culturels
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I. DOSSIER 1
Contexte idéologique et esthétique du Siècle des Lumières. L’Encyclopédie.
1. Contexte socioculturel
Au XVIIIe siècle, la littérature s’élargit grâce à de nombreux voyages de type intellectuel et scientifique. Il existe un fort besoin de se mettre en route.
La connaissance d’autres civilisations provoque un éveil des esprits. Le Siècle des Lumières oblige les lecteurs à tout questionner. C’est pour cela que les philosophes introduisent ces thèmes dans la littérature.
Le français devient la langue de la culture et de la diplomatie. Des écrivains étrangers écrivent en français. Il y a de nombreuses traductions d’ouvrages étrangers en France, ainsi que des échanges culturels, surtout avec l’anglais. Les philosophes et écrivains étrangers exercent une influence majeure sur leurs homologues français.
1.1. La figure de l'« homme de lettres »
Le terme « homme de lettres » recouvre de nombreuses nuances :
- L’Encyclopédie les appellera plus tard « gens de lettres ». Il s’agissait de personnes lettrées, sachant lire et écrire.
- Leurs moyens de subsistance étaient divers : pensions, mécénats, préceptorats, inventions…
- Le statut économique des « hommes de lettres » se précise au milieu du siècle (1749). Le roi promulgue un arrêt déterminant la propriété intellectuelle.
- En 1767, Beaumarchais crée une société des auteurs dramatiques pour défendre les « droits d'auteur ».
1.2. Foyers culturels
Les foyers culturels étaient des lieux où les gens du XVIIIe siècle faisaient avancer la culture et les idées.
Au début du siècle, 3 Français sur 4 étaient analphabètes. À cette situation s’ajoutaient d’autres difficultés : l’ignorance du latin et du français, particulièrement dans les campagnes où l’on parlait des dialectes. Un axe séparait le Nord du Sud du pays, ce dernier étant plus touché par l'analphabétisme.
La « littérature de colportage » était diffusée par les colporteurs (vendeurs ambulants). Elle a permis de développer un type de publication populaire : contes, recueils de chansons, almanachs...
- Le collège : centre important pour la vie intellectuelle (ex: Collège des Jésuites). Les Jésuites utilisaient le théâtre comme activité pédagogique.
- Les Ursulines : équivalent des Jésuites pour les femmes, jouant un rôle important dans le théâtre.
- Arts d'agrément : éducation destinée aux femmes.
- Les Académies : composées uniquement d'hommes (40 membres). Elles se multiplient, passant de 24 en 1750 à une quarantaine à la fin du siècle. Elles deviennent des lieux de discussion politique et philosophique.
Les salons : La vie mondaine est primordiale. Les philosophes critiquent parfois la différence entre « l'être et le paraître ». Les salons, souvent tenus par des femmes, étaient appelés « bureaux d'esprit » :
- Mme Geoffrin : organisait des dîners hebdomadaires pour artistes, écrivains et diplomates.
- Mlle Julie de Lespinasse : réputée pour son art de la conversation.
- Mme de Tencin : protectrice de Marivaux.
- Mme du Deffand : recevait Voltaire, d'Alembert, etc.
- Le baron d'Holbach : tenait un salon philosophique important.
Cercles de pensée et cafés : Les cercles de pensée, d'abord tolérés, furent poursuivis par le gouvernement. Les cafés, quant à eux, étaient des lieux de sociabilité intense (ex: Le Procope, La Veuve Laurent). Le terme « cafétiste » apparaît vers 1725.
Les loges : Influencées par le modèle anglais, les loges maçonniques se multiplient malgré les interdictions, passant de la première loge à Dunkerque (1721) à 700 loges durant la Révolution française.
La presse : Développement rapide avec environ 80 périodiques en France au milieu du siècle (ex: Journal de Trévoux, Journal des Savants).
1.3. Influence du pouvoir sur la littérature
Le progrès entraîne une censure accrue, qu'elle soit religieuse (Assemblée du Clergé, Sorbonne) ou civile (Chancelier, directeur de la librairie).
- Malesherbes : directeur de la librairie, ami des Encyclopédistes, il adopta une attitude libérale.
- Censure : Les autorités surveillaient les libraires et les colporteurs. Les « exempts » étaient les officiers chargés des arrestations.