Le soutien social et la transformation du régime franquiste

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Le soutien social au régime de Franco

Le soutien social au gouvernement de Franco avait de nombreux adeptes dans tous les groupes sociaux, y compris la classe ouvrière. La plupart de la population espagnole s'identifiait au régime ou l'acceptait passivement. Le soutien au régime était vaste et hétérogène.

Certains facteurs expliquent ce soutien massif et la longévité du dictateur au pouvoir pendant 40 ans :

  • Le vif souvenir de la catastrophe de la guerre civile ;
  • La peur et la résignation ;
  • L'efficacité de la répression ;
  • La propagande officielle et l'influence des médias contrôlés par le régime.

Les piliers du régime

Les secteurs ayant collaboré le plus étroitement avec le régime sont ceux qui avaient rejoint l'insurrection anti-républicaine de 1936 :

  • Les militaires : convaincus de devoir défendre la dictature contre ses ennemis intérieurs, ils obéissaient fidèlement par discipline et partage des principes idéologiques.
  • Les catholiques : avec l'appui du Vatican, l'Église a fourni un soutien idéologique et propagandiste précieux, obtenant en retour le contrôle de l'éducation et de la censure.
  • Les phalangistes : la Phalange espagnole a bénéficié de postes clés dans l'administration, les institutions municipales et les organismes culturels (Section féminine, Jeunesse, Syndicat espagnol universitaire, Aide sociale).
  • Les carlistes : leurs dirigeants ont entretenu une relation étroite avec le régime, occupant des fonctions ministérielles et municipales.
  • Les milieux d'affaires : favorisés par la loi, ils ont obtenu de nombreux avantages et bénéficié de commandes publiques pour la construction d'infrastructures.
  • Les monarchistes : la quasi-totalité des monarchistes libéraux de droite a soutenu le régime.

Les relations entre ces groupes n'étaient pas toujours harmonieuses, marquées par des rivalités d'influence et des suspicions mutuelles.

La transformation sociale (1960-1970)

Le fort développement économique des années 60 a entraîné des conséquences démographiques majeures, modifiant les modes de vie et les valeurs collectives. La population est passée de 30 millions en 1960 à 33 millions en 1970.

Les classes moyennes urbaines ont connu une croissance considérable. Au début des années 70, le secteur des services employait 39 % de la population active, dépassant l'industrie. L'afflux massif de touristes, l'exode rural et l'augmentation de la consommation ont transformé les habitudes des Espagnols.

Cette modernisation a apporté un changement profond des mentalités concernant la famille, le rôle des femmes et l'éducation. Les femmes ont commencé à rompre avec leur subordination, accédant à l'université et au monde du travail. Parallèlement, la jeunesse a bénéficié d'une plus grande liberté et d'un assouplissement de la discipline domestique et scolaire.

Les dernières années de la dictature

Dans les dernières années du régime, les formes d'opposition se sont multipliées. Les étudiants, les syndicats et les nouveaux secteurs progressistes sont devenus les acteurs d'une vague de protestations. Les affrontements avec la police anti-émeute sont devenus fréquents et le nombre de grèves a crû dès 1970. Face à cette contestation, le gouvernement a réagi par une répression accrue et des licenciements massifs.

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