Le système politique de la Restauration espagnole (1876)
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Le système politique de la Restauration
Les groupes conservateurs ont accueilli avec satisfaction le rétablissement de la monarchie des Bourbons, espérant le retour d'une nouvelle stabilité politique. Cánovas del Castillo souhaitait un nouveau modèle politique permettant de surmonter les problèmes du libéralisme : le partisanisme et l'intervention militaire dans la vie politique. Pour atteindre ces objectifs, il a proposé l'élaboration d'une constitution fondée sur le bipartisme et la pacification du pays, en mettant fin à la guerre à Cuba et au conflit carliste.
La Constitution de 1876
La première étape fut la convocation d'élections pour une Assemblée constituante. La Constitution rédigée en 1876 est un signe clair de libéralisme doctrinal, caractérisé par le suffrage censitaire et la souveraineté partagée entre les Cortes et le roi. C'était une constitution conservatrice, inspirée par les valeurs traditionnelles de la monarchie, de la religion et de la propriété.
- Rôle du monarque : Considéré comme une institution supérieure, il exerçait un pouvoir modérateur, disposait d'un droit de veto et nommait les ministres.
- Structure parlementaire : Les Cortes étaient bicamérales, composées du Sénat et du Congrès des députés.
- Évolutions : En 1890, le suffrage universel masculin a été adopté.
- Religion : L'État était proclamé catholique confessionnel, tout en tolérant les autres croyances.
La nouvelle Constitution incluait une déclaration des droits, bien qu'elle tendît à les restreindre, notamment en ce qui concerne la presse, l'association et la réunion.
Bipartisme et stabilité politique
Antonio Cánovas del Castillo a instauré un système fondé sur le bipartisme et l'alternance au pouvoir entre les deux grands partis : conservateur et libéral. La stabilité fut assurée par la participation au pouvoir de ces deux familles politiques. L'armée fut subordonnée au pouvoir civil, sa mission étant de défendre l'indépendance nationale sans s'immiscer dans les débats partisans, tout en conservant une autonomie pour ses affaires intérieures et un budget élevé.
La fin des conflits armés
La stabilité du système fut favorisée par la fin des guerres carlistes et du conflit à Cuba :
- Guerres carlistes : Après l'affaiblissement de la résistance en Navarre et au Pays basque, Charles VII s'exila en février 1876. Cela entraîna l'abolition du régime législatif foral et l'imposition des taxes et du service militaire.
- Guerre à Cuba : La paix de Zanjón fut signée en 1878, incluant une large amnistie, l'abolition de l'esclavage et la promesse de réformes. Le retard ou l'échec de ces réformes mena au début d'un nouveau conflit en 1879 (la « Petite Guerre ») et au soulèvement ultérieur de 1895.