Le théâtre espagnol d'après-guerre : évolution et courants
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Le théâtre espagnol après la guerre civile
Le théâtre après la guerre civile fait face à de nombreuses difficultés et contraintes. Certaines sont économiques, en raison d'un faible intérêt des investisseurs, et d'autres idéologiques, liées à la forte censure imposée par le régime politique.
Les deux grandes tendances théâtrales
On distingue deux courants majeurs :
- Le théâtre commercial (ligne Benavente) : Soutenu par les investisseurs, il propose un divertissement pur, sans remise en question du spectateur. Il se divise en trois types :
- Le drame poétique : Représenté par José María Pemán, il défend les valeurs du régime (autorité, unité, catholicisme).
- Le théâtre de l'humour : Héritier de l'avant-garde de 27, avec Enrique Jardiel Poncela (Héloïse est sous l'amandier) et Miguel Mihura (Trois chapeaux de haut-de-forme).
- La comédie bourgeoise : Bien construite et centrée sur l'art du dialogue, illustrée par Edgar Neville (La Danse).
- Le théâtre réaliste et existentiel : En 1949, Histoire d'une échelle d'Antonio Buero Vallejo marque un tournant. Cette œuvre dépasse les modèles commerciaux pour proposer un drame réaliste à portée existentielle.
L'évolution de l'œuvre de Buero Vallejo
La production de Buero Vallejo se divise en trois étapes :
- Années 50 et 60 (Théâtre social) : Ses œuvres deviennent plus complexes, abordant des thèmes sociaux et éthiques (ex: Le Concert d'Ovide). Ce théâtre, lié à la protestation sociale, dénonce les injustices. On y retrouve Lauro Olmo (La Chemise).
- Années 70 et 80 (Style expérimental) : Influencé par les esthétiques européennes et américaines, ce théâtre intègre des techniques expérimentales. Parmi les auteurs marquants : Els Joglars, Francisco Nieva (théâtre politique) et Fernando Arrabal (théâtre irrationnel et symbolique avec Le Cimetière des voitures).
Le retour au réalisme (années 80)
Dès 1980, l'avant-garde s'estompe au profit d'un théâtre plus traditionnel et réaliste. On retient notamment Fernando Fernán Gómez avec Les bicyclettes sont pour l'été et José Luis Alonso de Santos avec Bajarse al moro.