L'utilitarisme de John Stuart Mill : Principes et Liberté
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L'utilitarisme selon John Stuart Mill
L'utilitarisme est fondé sur un principe que Francis Hutcheson a énoncé : « Le plus grand bonheur pour le plus grand nombre de personnes ». C'est le principe utilitariste fondamental. Ce bonheur est défini par le plaisir, et son contraire par la douleur. Ainsi, le plaisir peut être compris comme « l'absence de douleur ».
La théorie morale de l'utilitarisme stipule que les actions sont bonnes dans la mesure où elles favorisent le plaisir et évitent la douleur. Toutes les choses désirables le sont soit pour le plaisir inhérent qu'elles procurent, soit comme moyen de promouvoir le plaisir et de prévenir la douleur. L'éthique de Mill est téléologique, car elle cherche une fin. L'éthique utilitariste considère que ce qui est bon est utile pour atteindre le bonheur. C'est une éthique publique, orientée vers le bonheur collectif par l'utilité. Elle défend un ordre moral basé sur les désirs, utilisant la pratique comme critère d'évaluation de la réalité. C'est également une philosophie objectiviste : ce qui compte n'est pas ce que l'on est, mais ce que l'on fait. La pratique (praxis) permet d'éviter le subjectivisme. Bentham affirmait que chacun compte pour un, et personne pour plus d'un. Bien que l'utilitarisme ait été critiqué, le but ultime de toute éthique reste, pour Mill, le plaisir.
Caractéristiques de l'éthique utilitariste
- Téléologique : Les actions valent par leurs fins (être heureux). La liberté est un instrument du bonheur, favorisant la diversité.
- Conséquentialiste : Le bien doit être évalué selon ses conséquences.
- Prudentielle : La première condition du bonheur est la prudence sociale.
- Agrégative : Le calcul de la quantité de plaisir permet de déterminer le bien-être social.
- Non transcendantale : Sans engagement envers un bien suprême, elle repose sur le calcul empirique des conséquences de chaque acte.
- Altruiste : Elle encourage à se préoccuper du bonheur d'autrui.
Le principe de dommage et la liberté
Mill défend une règle : les lois doivent être impartiales et les règles morales doivent viser à apporter le bonheur. Selon son principe de dommage, la seule raison pour laquelle un groupe peut agir sur un individu est de se protéger. On ne peut intervenir dans l'action d'autrui que pour prévenir des dommages causés à des tiers. Mill distingue ainsi les actions qui affectent l'individu de celles qui affectent les autres.
Problèmes de l'éthique utilitariste
- Problème de l'objectivisme : La motivation externe est parfois plus difficile à établir que la conscience subjective.
- Sophisme naturaliste : Mill définit le bien par le bonheur, mais le bonheur est-il un fait ou une valeur ?
- Problème de l'intuitionnisme : Sidgwick soutient que le principe d'utilité est improuvable et doit reposer sur l'intuition.
- Problème de la vertu : La vertu est-elle une fin en soi ou un ingrédient du bonheur ?
La liberté et la société
Dans De la liberté, Mill régit les relations entre la société et l'individu. Il distingue les actions concernant soi-même (sphère privée) des actions concernant autrui (sphère publique). La liberté négative est l'absence de coercition, tandis que la liberté positive est liée au libre arbitre. Mill rejette les théories contractualistes et limite l'autorité de la société au seul principe de dommage. Il s'inquiète des effets dépersonnalisants de la « société de masse » et prône le développement de l'individualité, de l'originalité et de la variété comme moteurs du progrès social.