Variétés de la langue, Modernisme et Génération de 98

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Variétés sociales de la langue : langue littéraire, familière et vulgaire

Niveau soutenu

C'est le niveau le plus riche pour exprimer la pensée en profondeur.

  • Phonétique et phonologique : la prononciation soignée ne permet pas l'utilisation de d intervocalique ou finale.
  • Morphosyntaxe : les constructions syntaxiques sont rigoureuses.
  • Lexique : il témoigne d'un grand respect pour les autres. Il est parlé par les personnes instruites.

Niveau populaire ou familier

Il est caractérisé par des expressions qui reflètent des sentiments et des émotions personnelles.

  • Gestion des éléments qui composent les phrases.
  • Utilisation de questions rhétoriques (le locuteur se pose des questions sans attendre de réponse).
  • Usage de l'ironie et de mots destinés à exprimer le sens opposé.
  • Utilisation d'expressions affectives et d'éléments inutiles à la compréhension.
  • Phrases inachevées, car les interlocuteurs disposent déjà d'informations sur la situation.
  • Manque d'adjectifs et d'adverbes.
  • Inexactitudes entraînant l'utilisation fréquente de mots de remplissage pour poursuivre la conversation.
  • Phrases simples et courtes, utilisation d'expressions et de dictons.
  • Utilisation de l'infinitif à la place de l'impératif.

Niveau vulgaire

Ce niveau est parlé par des personnes peu cultivées, incapables de varier leur registre.

  • Phonétique : variations entre b et g, d et r.
  • Morphologie : changement de genre, erreurs dans les verbes irréguliers, changement de pronoms personnels, inconcordance avec le verbe être impersonnel.
  • Lexique : très pauvre, avec des paroles confuses.

Modernisme et Génération de 98 : contexte historique

En 1898, la perte des colonies provoque le déclin de la nation. Cette situation politique et sociale reste instable. Durant ce quart de siècle, des conflits sociaux éclatent, comme la Semaine tragique de Barcelone (1909) et la grève générale de 1917.

Le Modernisme

À la fin du XIXe siècle, des courants prolifèrent en Amérique et en Europe en opposition au réalisme. Le modernisme désigne un courant de renouveau littéraire et artistique marquant une rupture esthétique. Il reçoit deux influences majeures : le Parnasse et le symbolisme.

  • Parnasse : l'art pour l'art, axé uniquement sur la beauté.
  • Symbolisme : défend la réalité cachée derrière les apparences et les significations profondes.

Son origine est liée à la publication de Azul de Rubén Darío, figure la plus importante du moment, aux côtés de Manuel Machado et Francisco Villaespesa.

Caractéristiques du modernisme

  • Rejet de la vie quotidienne.
  • Poursuite de la perfection formelle.
  • Recherche de l'harmonie des mots.
  • Renouvellement lexical.
  • Mise en avant de l'intimité du poète.

La Génération de 98

Ce terme désigne un groupe d'écrivains profondément touchés par la crise politique, morale et sociale de l'Espagne. En 1901, Pío Baroja, Azorín et Ramiro de Maeztu forment le « groupe de trois » ; en 1913, le terme « Génération de 98 » est inventé.

Caractéristiques

  • Amitié entre les auteurs et opposition à l'Espagne de la Restauration.
  • La Castille est vue comme le symbole de la nation.
  • Rejet du réalisme au profit d'une langue plus proche de la rue.
  • Pessimisme et attitude critique, sympathie pour le romantisme de José de Larra et les thèses régénératrices de Joaquín Costa.
  • Les thèmes tournent autour de la terre et de l'histoire de l'Espagne.
  • Langage simple, opposé au modernisme.

Antonio Machado (1875-1939)

Il a participé à la fois au modernisme et à la Génération de 98. Son œuvre montre les caractéristiques de la modernité alliées à une grande simplicité lexicale. Ses poèmes expriment des émotions à travers des symboles. Ses œuvres les plus connues sont : Soledades, Campos de Castilla et Galerías.

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